Grâce à l'appréciation des participations cotées qu'il a acquises, et à la revalorisation de celles apportées en juillet par ses deux actionnaires, la Caisse des Dépôts et l'Etat, le FSI a porté ses fonds propres de 20 à 20,5 milliards d'euros. Il a été contraint de déprécier la valeur de trois de ses participations non cotées et affiche une légère perte sur l'exercice. Créé en décembre 2008, au plus fort de la crise, le Fonds stratégique d'investissement a fait ses débuts dans un environnement économique et une conjoncture boursière tendus. Mais ce calendrier avait aussi un avantage : le fonds a réalisé ses premiers investissements en février et mars 2009, lorsque le CAC 40 était à moins de 3.000 points. Il a donc profité du rebond des marchés d'actions dans la deuxième moitié de l'année pour engranger quelques plus-values latentes. Exercice de transparence Grâce à l'appréciation des participations cotées qu'il a acquises, et grâce à la revalorisation de celles qui lui ont été apportées en juillet par ses deux actionnaires, la Caisse des Dépôts et l'Etat, le « fonds souverain à la française » a ainsi augmenté ses fonds propres de 500 millions d'euros, pour les porter à 20,5 milliards d'euros au 31 décembre 2009. C'est le principal enseignement du premier exercice de transparence comptable auquel le FSI s'est livré hier. Cette première publication fait apparaître une perte nette consolidée, part du groupe, de 65 millions d'euros pour 2009. Le FSI, qui dit retenir une méthode « prudente et conservatrice » pour évaluer ses participations, a en effet décidé de déprécier dans ses comptes la valeur de trois participations non cotées apportées par ses actionnaires, pour un montant total de 324 millions d'euros. Il s'agirait notamment de ses parts dans les ex-Chantiers de l'Atlantique (33 % de STX France Cruise) en raison de la crise de la construction navale, et de celles dans le diffuseur audiovisuel TDF (24 %), qui a fait l'objet d'un rachat par effet de levier (LBO) tendu. Avant dépréciations, le résultat du FSI est positif de 259 millions d'euros. Les résultats et revenus des participations provenant des distributions de dividendes ou des mises en équivalence de résultat, ont représenté 287 millions d'euros. Mais le chiffre est peu significatif car le fonds doit attendre, dans la plupart des cas, le printemps 2010 pour toucher des dividendes. « Leur montant correspond à environ un tiers de celui qui peut être estimé, à portefeuille constant, pour une année pleine », explique le FSI. Autofinancement Autrement dit, le fonds souverain français espère dégager chaque année plus de 850 millions d'euros de ses participations. De quoi lui permettre de rémunérer ses actionnaires et d'autofinancer une partie de ses investissements, l'objectif étant d'investir 2 milliards d'euros par an. Il n'est pas prévu que les ressources du FSI soient augmentées à court terme. Mais Augustin de Romanet, le directeur général de la Caisse des Dépôts, a récemment proposé de confier une partie des ressources du fonds de réserve des retraites (33 milliards d'euros), dont il préside le directoire, au FSI. Le FRR « est un outil dont on pourrait encore accroître l'utilité en assouplissant les contraintes pesant sur l'emploi de ses ressources. Je suggère de l'autoriser à déléguer une partie de sa gestion au FSI pour investir plus encore dans nos entreprises », a-t-il indiqué dans un entretien au « Monde ». Aujourd'hui, les statuts du FRR lui interdisent de procéder ainsi, et ses ressources sont gérées par des gestionnaires d'actifs traditionnels. (Les Echos 20/04/10). |