La société lot-et-garonnaise, spécialisée dans la conception et la fabrication de carrosseries isothermes et frigorifiques, se diversifie dans l'offshore et la pharmacie. Inexistantes il y a trois ans, les dépenses en R&D de la société Sainte-Marie Constructions Isothermes (SMCI) d'Astaffort (Lot-et-Garonne) représentent aujourd'hui 3 % de son chiffre d'affaires de 6,8 millions d'euros. Spécialisée dans la fabrication de carrosseries isothermes et frigorifiques, notamment pour le transport des produits alimentaires, la société de 44 salariés a déposé 3 brevets en l'espace d'un an. Ce palmarès résulte de la nouvelle stratégie de Pierrick Péchambert, propulsé à trente et un ans à la tête de l'entreprise en 2001, peu avant le décès de sa mère. Cette dernière avait elle-même succédé à son propre père, Armand Sainte-Marie, créateur en 1934 de l'entreprise, qui réalisait à l'époque des camions utilitaires. Ingénieur matériaux formé à l'Ecole de physique de Grenoble et riche d'une expérience dans le secteur pétrolier, Pierrick Péchambert, qui détient avec son père le capital de 600.000 euros de SMCI, a voulu décliner les compétences de l'entreprise dans le froid vers des applications à haute température exigées dans le domaine de l'offshore pétrolier. « Nous avons déposé en 2008 un brevet pour un panneau-sandwich utilisé pour monter des modules sur des plates-formes offshore. Autoportant et léger, il est capable de supporter des poids importants tout en étant exposé à des températures de plus de 1.000 degrés », précise le jeune président de la SAS. Parmi les autres innovations, figure la mise au point, en partenariat avec la Sovam de Parthenay (Deux-Sèvres), d'un véhicule d'avitaillement pour l'A380. SMCI a imaginé la carrosserie et le système de pivotement, qui permet à la cellule de passer au-dessus de l'aile de l'avion. La société intervient aussi dans l'industrie pharmaceutique, avec des panneaux spécifiques destinés à fabriquer des modules résistant au feu et adaptés au protocole de nettoyage de la pharmacie. Soucieux de diversification, Pierrick Péchambert n'abandonne pas le froid, qui représente encore la moitié de l'activité. L'Institut national de la propriété industrielle (Inpi) a d'ailleurs récompensé cet automne SMCI pour une porte latérale coulissante isotherme. Pour autant, le jeune dirigeant veut monter en puissance dans les secteurs pétrolier et pharmaceutique. Il vient d'investir dans un nouvel atelier pour l'intégration des cellules offshore. Il veut également recruter pour compléter son équipe d'ingénieurs. « Présents sur un marché très concurrentiel, nous devons innover et proposer nos compétences à différents secteurs car les besoins en isolation sont nombreux », affirme-t-il. Ce dernier commence à voir le bout du tunnel. La diversification porte ses fruits, même s'il pressent une baisse d'activité de 15 % à 20 % en 2009 liée au fait que les produits de SMCI sont des investissements structurels. (Les Echos 10/12/09). |