Formation. Conduire mieux pour consommer moins. Certaines entreprises de transport routier se sont engagées dans l'opération Objectif CO, les transporteurs s'engagent , initiée par le ministère de l'Ecologie et l'Ademe. Elle couvre quatre axes : modernisation des flottes de camions, utilisation de carburants verts ou de véhicules électriques, meilleure gestion des flux et enfin formation des conducteurs. Ce dernier point est le plus porteur d'espoirs. « C'est là que l'on peut attendre le plus de gains. Le reste, nous le faisons déjà, notamment tout ce qui touche à l'optimisation des tournées », explique Jean-Christophe Rey, président du groupe Commagnac Industries, un transporteur girondin signataire de la charte et qui s'est engagé à diminuer de 5,7 % ses émissions annuelles par kilomètre parcouru sur trois ans. Soit, en valeur absolue, un gain de 1.600 tonnes d'équivalent CO. Et une économie importante, puisque l'Ademe estime que l'énergie pèse désormais pour 25 % du coût de revient (16 % il y a dix ans) du transport sur de longues distances avec des camions de 40 tonnes.
Si la théorie montre qu'une conduite souple peut être efficace, « l'un de nos objectifs est aussi de faire que nos clients soient moins pressés », admet Jean-Christophe Rey. Par ailleurs, le spécialiste Michel Alder, un Suisse fondateur de l'Institut de pédagogie de la circulation (IPC), estime qu'il faut plusieurs jours de formation pour intégrer et appliquer les règles de base. Or les transporteurs ne peuvent y consacrer plus d'une demi-journée par chauffeur.
Une fois à bord du camion, rien d'extraordinaire. Comme avec une voiture, il s'agit de conduire « souple », d'éviter les à-coups, les coups de frein, les accélérations tonitruantes et de favoriser l'utilisation du frein moteur. Après avoir écouté une petite présentation, chaque conducteur prend le volant. Le formateur reprend alors ses explications et fait des observations à chacun. Ses arguments sont imparables : « Vous pouvez faire en moyenne 190 kilomètres de plus avec un plein. » Chacun refait alors le même parcours en essayant d'appliquer les consignes. Et ça marche, assure-t-on chez Commagnac Industries, chiffres à l'appui : « On observe une consommation moyenne de 2,92 kilomètres par litre de carburant après formation contre 2,74 avant. » Pour garder les conducteurs dans de bonnes dispositions d'esprit, Commagnac Industries les intéresse aux résultats obtenus au moyen d'une prime trimestrielle qui peut atteindre 450 euros et dont 90 % sont liés à la consommation.
Vingt-cinq transporteurs se sont déjà engagés dans la démarche, à l'image du groupe Norbert Dentressangle. L'Ademe espère en compter une centaine d'ici à la fin de l'année prochaine. (Les Echos 4/11/09).