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Friday, January 25, 2008
  
Grandes manœuvres autour du transport combiné

Source : (la Lettre du Transport Routier n° 1038).

Depuis de nombreuses années les entreprises de transport routier jouent un rôle déterminant au sein du transport combiné par caisse mobile à travers le principal opérateur : Novatrans (chiffre d'affaires annuel de 110 millions d'euros). Après avoir connu une forte période de croissance ininterrompue (doublement entre 1993 et 2002) le transport combiné français a connu une période de crise sous l'effet conjugué de l'augmentation spectaculaire des tarifs pratiqués par la SNCF pour l'usage des sillons et de la traction ferroviaire (+35 % en 4 ans) et de la baisse concomitante des subventions versées par l'Etat (division par trois). Cette crise a eu des conséquences directes mais inégales sur les deux principaux opérateurs de transport combiné :
Naviland Cargo (ex CMC), filiale de la SNCF, spécialisée dans le conteneur maritime et ayant développé une clientèle de chargeurs, a littéralement implosé (avec un chiffre d'affaires divisé par trois, des pertes abyssales, et des perfusions par la maison mère).
Novatrans, qui s'adresse exclusivement aux transporteurs, a connu, en 2003 et 2004, deux exercices déficitaires endommageant ses fonds propres. Cette société, après avoir redéployé son plan de transport, est revenue à l'équilibre, sans plan social, dès 2005. Après avoir tenté, sans succès, d'imposer en 2004 une fusion CNC-Novatrans, la SNCF a ensuite cherché unilatéralement à prendre la majorité du capital de Novatrans. Jusqu'en 2005, celui-ci était détenu à 18 % par la FNTR, 38 % par la SNCF, le reste du capital étant dilué entre actionnaires détenant un nombre limité d'actions. En 2005, le groupe Charles André a porté sa participation au capital à hauteur de 17 %.
La SNCF a ainsi acquis, en 2006 -2007, 11 % supplémentaires du capital par rachat d'actions disséminées et a tenté de prendre le contrôle de la société passant de 38 % du capital à 49 % et en obtenant des promesses de cession de titres à hauteur de 4 - 5 %. Cette tentative de prise de contrôle s'est heurtée à l'opposition des autorités de la concurrence et la DGCCRF a transmis le dossier au Conseil National de la Concurrence. La SNCF a alors renoncé à sa tentative de prise de participation majoritaire pour revendre ses 11 % (et probablement ses offres de cessions) au groupe Norbert Dentressangle. La question est posée de savoir si la SNCF peut disposer de façon discrétionnaire de 11 % du capital indûment acquis pour le revendre à un partenaire de son choix et donc d'exercer non pas un contrôle exclusif comme tenté au départ mais un contrôle conjoint dans le cadre par exemple d'un pacte d'actionnaires (occulte). Il appartiendra de nouveau aux autorités de la concurrence de se prononcer, à Paris, mais également à Bruxelles.
Cette question est posée à un moment où il est nécessaire de reconstituer les fonds propres de la société Novatrans, par une augmentation de capital (7,2 millions d'euros). Cette augmentation, votée en Assemblée générale le 19 décembre, est destinée à assurer son développement dans la perspective d'une importance toujours plus grande du transport combiné, aux plans français et européen, dans un cadre de développement durable. Au-delà des postures des uns et des autres, la question de fond est bien le rôle et la place des opérateurs routiers au sein de Novatrans et donc du transport combiné français. NOMINATIONS


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