Le tribunal de commerce de Niort a désigné un attelage de repreneurs pour Heuliez : l'emboutissage revient au groupe français BGI et la voiture électrique est reprise par un consortium allemand. 485 salariés seront conservés. Un mois après son deuxième placement en redressement judicaire, Heuliez va être vendu par appartements à un duo franco-allemand, qui avait les faveurs des salariés et de l'administrateur judicaire. Le tribunal de commerce de Niort a retenu hier matin l'offre présentée par le groupe Baelen Gaillard Industrie (BGI), associé aux groupes allemands ConEnergy et Kohl. Au total, 485 salariés seront conservés, tandis que 127 postes seront supprimés. Néanmoins, les repreneurs promettent de réembaucher 80 des salariés licenciés sur une période de quinze mois, en même temps qu'ils apportent 13,1 millions d'euros à l'entreprise exsangue. Fondée en 1920 comme fabricant de carrioles, la société de Cerizay, dans les Deux-Sèvres, devenue plus tard équipementier auto et assembleur de voitures pour des groupes comme Peugeot, Citroën et Renault, va connaître une nouvelle phase de son histoire. « Ce n'est pas une reprise globale des salariés et l'usine va être coupée en deux », commente le délégué syndical CFDT Gilles Bineau, tempérant les déclarations lyriques des politiques, Christian Estrosi et Ségolène Royal. Les dernières d'une longue série. Concrètement, le français BGI va reprendre l'activité traditionnelle, l'emboutissage et la carrosserie, en créant une nouvelle structure, BGI Projet H. Ce qui lui permet de compléter l'activité de l'une de ses sociétés, Buisard, qui fabrique des cabines pour tracteurs et engins de travaux publics. « L'outil de production va donc se diversifier sensiblement, vers les engins de levage, l'aéronautique et le ferroviaire. L'automobile représentera moins de 50 % du chiffre d'affaires d'ici à trois ans », indiquent Rodolphe Pacciarella et François Kopf, du cabinet de conseil financier Accuracy, qui a travaillé avec BGI. 2 sociétés distinctes à Cerizay L'autre branche, celle devant fabriquer des voitures 100 % électriques (notamment la Mia), tombera dans l'escarcelle de la société de services allemande ConEnergy, alliée à la famille Kohl, active dans la distribution pharmaceutique, et à Peter Jäntsch, l'actionnaire du distributeur automobile Procar. Les alliés allemands, qui apportent 10 millions d'euros en capital, détiendront 68,8 % de la nouvelle structure Mia Electric GmbH, le solde de 31,2 % revenant à la région Poitou-Charentes, qui a déjà débloqué 5 millions. Deux sociétés distinctes se partageront donc les installations de Cerizay, mais elles garderont « une relation commerciale et de business très forte » : BGI fera notamment le châssis de la future Mia pour son voisin. En plus des fonds propres prévus par les repreneurs et le conseil régional, l'Etat a promis d'investir 10 millions supplémentaires, dont 8 dans le cadre des aides au développement de la voiture électrique. De quoi repartir sur de nouvelles bases, et oublier les fausses promesses de l'ancien actionnaire Bernard Krief Consulting (BKC). Le tribunal a choisi l'offre qui paraissait tenir la corde, face à deux autres dossiers : la société d'investissement malaisienne Delamore & Owl, intéressée par les châssis et toits électriques, et le fonds XUL, qui avait signé un protocole d'accord avec BKC. (Les Echos 01/07/10). |