Les immatriculations européennes ont chuté de 9,3 % en mai, marquant le deuxième mois consécutif de baisse. Trois des cinq plus grands marchés automobiles en Europe se sont désormais retournés. Le marché automobile européen poursuit sa correction liée au retrait progressif des mesures de soutien gouvernementales. En mai, les immatriculations ont chuté de 9,3 %, marquant le deuxième mois consécutif de baisse, selon les chiffres diffusés hier par l'association européenne des constructeurs, l'Acea. Trois des cinq plus grands marchés automobiles en Europe sont désormais orientés à la baisse : l'Allemagne (- 35,1 %), la France (- 11,5 %) et l'Italie (- 13,8 %). En Espagne, où le dispositif gouvernemental est toujours en place, les immatriculations ont augmenté de 44,6 % par rapport à mai 2009 et elles ont grimpé de 13,5 % en Grande-Bretagne. Pour l'Acea, ce n'est pas uniquement la fin des aides qui explique cette nouvelle baisse, mais aussi « la situation économique toujours difficile ». Selon certains analystes, les politiques de rigueur lancées dans certains pays pourraient à plus long terme peser sur les ventes d'automobiles. Renault tire son épingle du jeu « La dette publique, qui dans la plupart des pays a augmenté de façon marquée, ne peut plus être ignorée, souligne Michael Gartside de PwC Autofacts. Les mesures d'austérité dans des pays comme l'Irlande, l'Italie, le Portugal, la Roumanie et l'Espagne pourraient avoir des implications sur la demande dans l'automobile, car elles incluent souvent un gel ou une réduction des salaires dans la fonction publique ». En Italie par exemple, les salaires des fonctionnaires vont être gelés pendant trois ans, tandis que l'Espagne a procédé à une réduction de 5 % en 2010, qui sera suivie d'un gel pendant l'année suivante. PwC Autofacts s'attend ainsi à ce que le marché espagnol chute brutalement en juillet après la fin de mesures de soutien du gouvernement, de la même façon que le marché grec est en train de s'effondrer (- 54 % en mai). L'institut a révisé à la baisse sa prévision pour le marché européen et table sur un recul de 8,3 %. Dans ce marché en berne, deux catégories de constructeurs tirent leur épingle du jeu : ceux qui bénéficient de plusieurs lancements récents et ceux dont le marché national est encore en bonne forme. C'est le cas de Renault, dont la gamme de produits est encore assez jeune, sur un marché français qui vient seulement de se retourner. La part de marché de la marque française, Dacia inclus, atteint 10,2 % à fin mai, soit deux points de plus que l'an dernier. Volkswagen, en revanche, est pénalisé par la chute des immatriculations en Allemagne, où la prime à la casse a été retirée dès la fin de l'année 2009. Nissan, PSA et l'ensemble Hyundai-Kia se portent pour l'instant mieux que la moyenne du marché. Ce n'est pas le cas des américains Ford et General Motors, dont la filiale européenne Opel, lâchée par les pouvoirs publics allemands, a cédé 0,6 point de part de marché depuis un an. Pénalisé par ses vagues de rappel, le japonais Toyota a vu ses ventes décliner de 10,7 % depuis le début de l'année. Mécaniquement, les constructeurs haut de gamme comme BMW, Mercedes et Audi voient leurs parts de marché remonter puisqu'ils n'avaient pas vraiment bénéficié de la prime à la casse. (Les Echos 16/06/10). |