Le tribunal de commerce devrait désigner le 30 juin un repreneur. Le tandem BGI-Conenergy et le fonds malaisien Delamore & Owl, tous deux candidats, proposent de garder le même nombre de salariés, mais leurs projets diffèrent. Le feuilleton Heuliez pourrait bientôt toucher à sa fin, après plus d'un année pleine de rebondissements. Le tribunal de commerce pourrait nommer dès le 30 juin un repreneur pour les actifs de l'industriel placé en redressement judiciaire le mois dernier. Un an plus tôt, Bernard Krief Consulting (BKC) l'avait racheté également dans le cadre d'une procédure collective, mais n'avait jamais injecté les fonds promis, avec des conséquences graves pour la poursuite de l'activité et la crédibilité d'Heuliez. Trois offres ont été déposées lundi soir. · Le tandem BGI-Conenergy C'est l'offre la plus « politiquement correcte ». Baelen Gaillard Industries (BGI), un groupe industriel français constitué à coup d'acquisitions, propose de reprendre l'activité traditionnelle d'Heuliez, à savoir l'emboutissage, le ferrage et la carrosserie. Cela lui permettrait de compléter l'activité de l'une de ses sociétés, Buisard, qui fabrique des cabines pour des engins agricoles et de travaux publics. L'entreprise va honorer à partir de 2011 un contrat important et cherche à accroître ses capacités. « Heuliez est en mesure d'assurer l'emboutissage, par exemple, ce que Buisard ne peut pas faire », explique François de Gaillard, associé fondateur de BGI avec Pierre Baelen. Du coup, l'outil de production de Cerizay pourrait travailler pour d'autres industries que l'automobile, comme le ferroviaire, l'agricole et l'aéronautique. La branche véhicules électriques et son projet de voiture Mia tomberaient dans les mains de Conenergy, une société allemande de services, comme les Salons professionnels, le conseil ou la veille, toujours dans le secteur de l'énergie. Elle investirait en partenariat avec Peter Jäntsch, propriétaire du distributeur automobile allemand Procar et la famille Kohl, active dans la distribution pharmaceutique. « Dans un premier temps, nous voulons produire la Mia, en attendant de pouvoir commercialiser d'autres produits. Notre avantage, c'est d'être en avance par rapport aux autres constructeurs. Mais, pour cela, il ne faut pas tarder dans la reprise », indique son président, Roman Dudenhausen. La Mia serait commercialisée au plus tôt au printemps 2011, période où les grands constructeurs vont aussi arriver sur le créneau. Le tandem franco-allemand est prêt à investir 12 millions d'euros en fonds propres et à apporter 16 millions de dettes. Leur projet prévoit la reprise de 415 salariés sur 640. · Delamore & Owl C'est le projet le plus ambitieux. Jeune investisseur, Sanjeev Kumar et son équipe prévoient d'apporter 25 millions d'euros de fonds propres, 10 millions d'affacturage et 10 millions de prêts. La société d'investissement, qui a démarré dans l'exploitation forestière, veut vendre les toits électriques et les châssis d'Heuliez à des constructeurs automobiles des pays émergents, avec le risque, bien sûr, de voir la technologie partir à l'étranger. Delamore & Owl, qui promettait au départ de reprendre tous les effectifs, devrait garder entre 400 à 450 salariés. · Le fonds XUL C'est l'offre la plus inattendue. Charles Mircher, associé gérant de XUL, se présente comme le nouvel actionnaire majoritaire d'Heuliez, et affirme donc pouvoir présenter un plan de continuation. Ancien journaliste économique, il est à l'origine d'une fronde d'actionnaires chez Anovo. La veille de la mise en redressement judiciaire, BKC a signé un protocole d'accord avec Charles Mircher en vue de lui céder 51 % du holding Heuliez Concorde. Pour l'instant, le transfert des titres n'a pas été enregistré. L'administrateur judiciaire d'Heuliez a demandé à Charles Mircher de justifier sa qualité d'actionnaire et sa capacité à apporter 20 millions d'euros, mais n'a pas encore obtenu de réponse pour l'instant. Dans le plan de continuation déposé par XUL, dont « Les Echos » ont obtenu un exemplaire, ne figure aucun montant d'investissement ni objectif financier. (Les Echos 9/06/10). |