La nouvelle version du véhicule utilitaire de Renault sera assemblée à Sandouville à partir de 2012. Le constructeur français discute avec Nissan et Opel pour les convaincre d'y transférer leurs utilitaires respectifs, actuellement fabriqués dans les mêmes sites que le Trafic.Carlos Ghosn tient sa promesse. A l'automne 2008, en pleine crise, le patron de Renault s'était engagé à ne pas fermer d'usine en France, en échange d'aides publiques. Les sites de Flins et Sandouville étaient alors sur la sellette. Pour assurer l'avenir de cette dernière implantation, Carlos Ghosn avait assuré, lors d'un tête-à-tête avec Nicolas Sarkozy, qu'il construirait un nouveau modèle de véhicule utilitaire à Sandouville (Seine-Maritime) à partir de 2012. Ce modèle, ce sera « la nouvelle version du Trafic », a indiqué ce week-end le ministre de l'Industrie Christian Estrosi, confirmant une information du « Figaro ». « C'est un engagement que j'ai obtenu de Renault et de sa direction générale, s'est félicité le ministre. Je peux vous dire que l'assemblage du nouveau modèle commencera dès 2012. » La commercialisation du nouveau Trafic est prévue à partir de 2013. Dans sa version actuelle, cette fourgonnette est fabriquée dans l'usine espagnole du japonais Nissan à Barcelone, et dans celle de l'allemand Opel (filiale de General Motors) à Luton au Royaume-Uni. Seuls 47.321 exemplaires ont été assemblés l'an dernier, compte tenu de la chute du marché des véhicules utilitaires, contre près de 80.000 en 2008. Craintes des syndicatsRenault est en discussion avec son allié Nissan et avec Opel pour les convaincre de transférer eux aussi à Sandouville la production de leurs utilitaires respectifs Vivaro et Primastar, actuellement fabriqués dans les mêmes sites que le Trafic, a précisé Christian Estrosi. En cas d'accord, la production totale de véhicules utilitaires atteindrait 150.000 volumes par an à Sandouville, soit la capacité maximale de l'usine. L'an dernier, elle n'a assemblé que 63.301 véhicules. Cette relocalisation en France vise à « stabiliser l'emploi » à Sandouville, a expliqué le ministre. L'usine compte aujourd'hui 2.397 salariés. Ouverte en 1964, elle a perdu 1.300 emplois fin 2008 et début 2009, dans le cadre d'un vaste plan de départs volontaires. L'arrivée du Trafic à Sandouville ne dissipe pas les craintes des syndicats, qui redoutent une poursuite des suppressions d'emplois. Car les remplaçantes de la Laguna et de l'Espace, les deux modèles actuellement réalisés sur place, « ne seront vraisemblablement pas faites à Sandouville », fait remarquer Nicolas Guermonprez, de la CGT à Renault. (Les Echos 31/05/10). |